Chers Confrères, Chers Amis,
L’année 2026 débute avec une quasi-certitude : Stéphanie RIST devrait être reconduite ministre de la Santé après sa réélection aux législatives partielles du 25 janvier dans le Loiret, ayant annoncé sa démission en cas d’échec. Une rencontre avec elle, déjà envisagée en cas de maintien dans son poste, devrait donc se tenir prochainement.
L’année 2025 aura été particulièrement intense pour la Médecine Libérale, marquée par une mobilisation croissante, aboutissant à une grève prolongée des cabinets et à une manifestation très suivie le 10 janvier à Paris. Il est essentiel d’en rappeler les étapes pour la spécialité de Médecine Vasculaire afin de comprendre les enjeux à venir.
Les négociations conventionnelles reprises début 2025, dépourvues de réelle concertation, se sont soldées par un refus de signature des syndicats horizontaux, laissant au Directeur Général de l’UNCAM, Thomas FATOME, la possibilité de décisions unilatérales.
Face à la menace de baisses tarifaires sur nos actes de Médecine Vasculaire, nous avons rencontré la CNAM en juin. Une baisse initiale de 8 % des actes d’écho-doppler était envisagée. Nous avons rappelé la spécificité de notre discipline qui nous différencie de la radiologie: une pratique clinique globale, non assimilable à l’imagerie, intégrant diagnostic hémodynamique, prise en charge thérapeutique et suivi. Nos actes n’ont pas été revalorisés depuis 1990 - et même dévalorisés de 7,5 % en 2015. Nos demandes répétées d’association d’une consultation avec un acte technique sont restées sans réponse, contrairement à d’autres spécialités.
Nous avons également alerté sur la fragilité démographique de la spécialité qui est en danger : sous-effectif, manque d’internes, stagnation des postes ouverts à l’Internat et vieillissement marqué de la profession, avec 35 % des praticiens âgés de plus de 60 ans, susceptibles de partir à la retraite dans les 5 ans (mouvement qui risque de s’accélérer avec les décisions prises impactant les cumuls emploi-retraite).
À l’issue de cette réunion, une semi-victoire avec réduction de la baisse à 4 % avait été évoquée, sans engagement écrit. Après un silence estival, le couperet est tombé le 17 octobre, à la surprise de tous les syndicats: pour nous, baisse de 7,5 % des écho-dopplers artériels et de 15 % des veineux, intégrées à un plan d’économies de 300 millions d’euros ciblant l’imagerie, dont nous ne relevons pourtant pas.
Nous avons choisi de ne pas participer à la grève d’une journée des radiologues, jugée inefficace. En revanche, nous avons engagé un travail de fond auprès des parlementaires. Vous avez été nombreux à écrire à vos députés et sénateurs, ce qui a permis notamment une rencontre à l’Assemblée nationale avec le député vice-Président de la Commission des Affaires Sociales et la promesse d’une médiation avec la Ministre.
Une rencontre avec le Directeur de l’UNCAM le 3 décembre a eu lieu et un entretien d’une heure en tête à tête n’a malheureusement pas permis de rouvrir notre dossier hors cadre conventionnel. Un recours gracieux a donc été déposé le 11 décembre avec l’appui d’un avocat agréé auprès du Conseil d’Etat. À défaut de réponse de l’UNCAM, une véritable action en justice par un recours contentieux devant le Conseil d’État sera engagée dans un délai de 2 mois, donc à compter du 11 février.
Notre action se poursuit, constante et déterminée, même si elle n’est pas toujours médiatisée. Elle est menée bénévolement, dans l’intérêt exclusif de la profession. Nous restons toujours disponibles pour répondre à vos questions.
Il est parfois regrettable d’entendre des voix s’élever, critiquant ce que nous faisons ou ne faisons pas, alors que nous sommes mobilisés en permanence et que nous œuvrons avec toute notre détermination et notre pugnacité dans un univers hostile, pour ne pas dire méprisant vis-à-vis des médecins.
Nous remercions sincèrement celles et ceux qui nous ont soutenus et qui se sont mobilisés pour défendre la Médecine Vasculaire.
Puissions-nous aborder 2026 unis, afin que nos spécificités soient reconnues et que notre rôle essentiel dans la prévention et la prise en charge des maladies cardio-vasculaires, en constante augmentation dans une population vieillissante, soit enfin pleinement valorisé.
Confraternellement
Dr Marie-Ange Boulesteix,
Présidente du Syndicat National des Médecins Vasculaires
Avec les membres du Bureau et du Conseil d’Administration, que je remercie pour leur engagement constant.

